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Les canons de Navarone - Ajoutée le 09/04/2010 à 15:44.
 
 

CANONS DE NAVARONE
OU DE LA COURONNE ?

 Courant 2003, sur les conseils du Centre d'Etudes d'Histoire de la Défense (C.E.H.D.) la Municipalité de MARTIGUES demandait à Monsieur Frédéric SAFFROY, Avocat mais aussi Historien et Archéologue compétent et passionné de recenser, sur le territoire de la commune de Martigues, les vestiges militaires de la guerre 39/45.
 
Le 11 Avril 2005, l'intéressé ayant achevé ses travaux me communiqua son étude sur l'identification et l'historique des vestiges militaires de la zone littorale.
 
Ce que j'avais au départ considéré comme une simple recherche devait s'avérer un ouvrage historique de très grande qualité dans ce domaine.
 
Martigues, nous le savions a été, pendant la période antérieure à 1939, très fortifiée sur le littoral de La Couronne/Carro, par la Marine Française qui avait déjà construit quelques ouvrages militaires.
 
Cependant, dès leur arrivée à Martigues le 11 Novembre 1942, les Allemands, il faut bien le reconnaître, très supérieurement organisés dans la construction de ces fortifications par l'organisation TODT, établirent sur notre quartier un réseau impressionnant de blockhaus, casemates, galeries, plateformes d'artillerie de toutes sortes de 1943, jusqu'en Juin 1944.
 
La zone de Martigues, La Couronne/Carro, Ponteau, Fort de Bouc, La Vierge, Figuerolles, etc… était un des lieux le plus fortifié sur le littoral méditerranéen et aussi le plus "miné" ! Le saviez-vous ?
 
Des centaines de nos concitoyens ont été recrutés tout d'abord dans des entreprises du bâtiment de la Ville qui travaillaient pour les Allemands, puis réquisitionnés de force à la fin des années 43 et 44.
 
Quand on sait que toutes ces fortifications ont été réalisées en moins de 18 mois (de Novembre 1942 à Juin 1944), cela semble impensable !
 
Mieux. Les deux plus importes batteries du site Marseille-Fos étaient implantées sur le secteur de La Couronne/Carro.
 
La première dite Batterie allemande du Cap Couronne d'origine française (avant 42), située sur les terrains à côté du Village Camping de l'Arquet ; là où récemment, la Ville a acheté les terrains à la Marine Française (aujourd'hui d'ailleurs dénommée Chemin de la Batterie) :
- Plateformes avec 4 canons de 138 m, d'origine française (avant 1939),
- Portée de tir : 18 kms,
- Obus de 30 à 40 kgs,
- Rapidité de tirs de 5 à 7 coups à la minute.
 
 
La seconde, Batterie de Cavalas située sur la colline de Cavalas entre La Couronne et Carro et la plus puissante de la zone Fos-Martigues :
- Plateformes avec 5 canons de 210 m (origine 39/40),
- Portée de tir 33 kms,
- Obus de 135 kgs,
- Cadence de 3 coups toutes les 2 minutes.
Le nec plus ultra de l'artillerie allemande produit à seulement 49 exemplaires.
 
Ces deux batteries les plus puissantes du secteur par tirs croisés pouvaient balayer la zone de Fos jusqu'à Marseille.
 
Mais quel rapport, me demandez-vous, avec Navarone ?
 
J'avais été impressionné, en regardant pour la énième fois, la projection du film "les canons de Navarone" à la télévision. En effet, le gabarit des canons qui devaient être détruits par le commando me semblait démesuré. Je me doutais bien qu'il s'agissait d'une fiction sur cette période, mais quand même ! Le 4 Juin 2009, j'ai donc une nouvelle fois rencontré ce brave Monsieur SAFFROY, toujours aussi aimable et disponible et qui me l'a effectivement confirmé.
 
Je vous laisse le soin d'apprécier sa réponse :
 
1
Les Canons de Navarone est un roman de l'auteur écossais Alistair MacLean, publié en 1957 et adapté au cinéma en 1961. Il s'agit d'une fiction inspirée de la campagne alliée en mer Egée (îles grecques Kos et Leros).
 
2
L'opération fut un échec total, les Britanniques étant forcés de capituler le 14 Novembre 1943, à peine 2 mois après avoir occupé l'île de Leros.
 
 
3
En ce qui concerne les fameux canons, le romancier indique qu'ils ont un calibre de 200 mm.
Dans le film afin d'accentuer leur importance, le réalisateur a employé des canons sur rail d'au moins 274 mm, similaires à ceux réutilisés par les Allemands dans la région de Martigues-Fos : un groupe d'artillerie lourde sur voies ferrées qui stationnait à Châteauneuf-les-Martigues(1) (3 canons de 27,4 cm).
Ce positionnement -sur les voies ferrées entre Marseille et Port-de-Bouc- leur permettait d'effectuer des tirs efficaces de Marseille à Fos (portée de 30 à 50 kms).
 
4
Dans la réalité, le plus gros calibre existant à Leros était de 15 cm.
  
L'intéressé me signalait, par ailleurs, que le Maréchal Rommel était venu à trois reprises inspecter le secteur, notamment en Février et Mai 1944.
 
Cela me remémora ce que me racontait Monsieur HANLLIAN dit "Noël", notre coiffeur de la Rue de la République, situé à moins de 200 m de l'ancienne Mairie à l'Ile.
 
J'y allais me faire couper les cheveux et comme tout coiffeur, il était bavard, curieux et intarissable. Sachant l'intérêt que je portais à cette époque tragique vécue en commun, il me raconta un jour :
 
"Paul, j'ai coupé les cheveux à Rommel".
 
"Tu déconnes. Pense un peu si le Maréchal Rommel était venu chez toi, alors qu'il a tout un staff pour le servir".
 
"Paul, je te dis que j'ai coupé les cheveux à Rommel. C'était au printemps 44, le matin à l'ouverture de mon commerce. Une estafette(2)  est entrée pour me demander de couper les cheveux à Rommel qui fut suivi de toute son escorte.
Tremblant, je me suis donc prêté au jeu, de mauvaise grâce. En fait, ma peur était telle, que ce ne sont pas mes doigts, mais mes ciseaux qui ont coupé automatiquement ses cheveux".
 
En galéjant, je lui dis "Sacré Noël, tu es le plus fort!"
 
Or, Noël avait bien raison. Rommel s'est rendu à La Couronne au moins 3 fois. La première, en février 44. Puis le 2 Mai 44 où il a été photographié avec l'ensemble de son état-major sur le plateau de Cavalas (voir reproduction ci-dessous). Son Etat Major était établi en ARLES et pour se rendre à La Couronne, il devait obligatoirement passer par le centre de Martigues, en l'occurrence la Rue de la République où en définitive, Noël était le premier coiffeur installé à droite dans cette rue. C'était donc vrai.
 
Excuse-moi Noël, d'en haut, tu dois penser "Je te l'avais dit !".
 
De la visite de Rommel à Martigues, on retiendra que pas très satisfait, il a donné des ordres pour repositionner la batterie de Cavalas en un lieu plus sûr, moins repérable de la mer. Ce qui a été fait par la suite, mais non achevé semble-t-il !
 
Il y a un général du génie qui a dû se faire appeler "Jules" !
 
 
(1)      Y a-t-il des personnes de Châteauneuf-les-Martigues ou de Port-de-Bouc qui ont un souvenir de ce train blindé ?
(2)   Agent de liaison dans l'armée
 
N.B. : Tous les documents peuvent être consultés au Service des Archives Municipales de Martigues
 
Inspection du Maréchal ROMMEL dans le secteur de la 338. Infanterie Division (c) Bundesarchiv-Militärarchiv - Frieburg/Brisgau"
   
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La pêche au calen - Ajoutée le 06/04/2010 à 15:58.
 
 

Le Calen fait partie de l’histoire de notre cité. Les Martégaux le savent, mais pour les « estrangers », c’est moins évident.
 
Le Calen est un immense filet tendu en travers du canal de MARTIGUES reliant la Méditerranée à l’Etang de Berre ; il permet de piéger le poisson (muges, loups, ….) lorsqu’il sort de l’étang vers la mer, après avoir frayé dans l’Etang de Mai à Juillet.
 
Depuis les temps les plus reculés, les pêcheurs de MARTIGUES y ont trouvé un rapport intéressant surtout en prélevant les œufs du muge dit "Boutarguier" pour en préparer, séchée et salée, la Poutargue baptisée le « caviar Martégal » par son goût et son prix.
 
Avant l’aménagement du canal Galiffet et pour permettre à partir de 1920 le transit des pétroliers, la passe, aujourd’hui large de plus de 60 m, était constituée de tous petits canaux peu profonds et peu larges ; le poisson était alors plus facile à piéger.
 
Il y a eu jusqu’à six calens installés dans ce chenal. Aujourd’hui, il n’en reste plus que deux. L’un à MARTIGUES près du Viaduc et l’autre près de Port-de-Bouc, situé bien après ce pont.
 
Sous la tutelle de la Prud’homie de pêche, un tirage au sort était autrefois pratiqué pour affecter ces calens aux pêcheurs du numéro 1 au numéro 6.
 
Celui qui obtenait le numéro 1 n’était retenu qu’une seule fois pour permettre à chacun d’entre eux de le décrocher à son tour.
 
Placé à l’est du Pont du Roi -aujourd’hui Pont Levant-, le Calen n° 1 était le plus « poissonneux » car le premier en sortant de l’étang vers la mer.
 
Encore que ce n’était pas toujours évident …
 
Une cousine dont le mari était pêcheur avait eu, à son heure, l’attribution du premier calen qui malheureusement, n’avait pas recueilli trop de rendement. Elle disait pour marquer son éternelle malchance, « Si mon père avait été chapelier, je crois que les enfants seraient nés sans tête ».
 
Mais cette histoire sur le calen me permet d’évoquer une autre anecdote rattachée au football martégal.
 
Avant la guerre de 1939, les responsables olympiens visitaient les petits clubs des alentours afin de recruter des joueurs pour renforcer leur équipe professionnelle.
 
On leur avait en fait signalé un brillant demi-centre du FCM. Marius PIGNATEL, d’une stature très physique, pas très grand mais "raplot", était réputé « infranchissable » et
très … hargneux. A l’époque, les fautes n'étaient sanctionnées par aucun carton jaune, ni rouge, aussi, je peux vous dire que « ça y allait ».
 
Séduits par son jeu, les dirigeants le contactèrent à la fin d’un match et lui firent des propositions intéressantes pour un contrat professionnel à l’OM. Probablement peu motivé de quitter MARTIGUES, Marius leur demanda de préciser leur offre. Au prix avancé, il fit un bond : « Mais Messieurs, ce que vous me proposez, je le gagne en double grâce au calen ! Non merci ».
 
Voilà, comment le calen nous permit de garder Marius au FCM et à l’OM de perdre un bon joueur.
 
Et bien pas tout à fait cependant … Ce jour-là, ils remarquèrent un jeune gardien de but Laurent DI LORTO dont Florian AURELIO me confiait un jour : « Avec lui, on est presque sûr de faire au moins match nul ». Ils lui firent les mêmes propositions. Laurent plus jeune que Marius et peut être plus ambitieux accepta d’emblée et partit donc pour l’OM.
 
La chance lui sourit. Il dut remplacer au pied levé le gardien titulaire déclaré blessé. A son retour de convalescence, ce dernier vraiment malheureux ne devait plus retrouver son poste. Laurent quant à lui en fut le titulaire à part entière et devint ensuite, un immense goal international et talentueux. Ce poste lui permit, après un certain « France/Italie » de devenir un véritable héros national.
 
Mais je vous raconterai la suite très bientôt.
 
 
   
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INQUIETUDES AU SEIN DU PCF - Ajoutée le 30/03/2010 à 15:50.
 
 

INQUIETUDES AU SEIN DU PCF

 
1-DIMANCHES 28 MARS 2010 LA MARSEILLAISE


2-VENDREDI 20 MARS 2010 L'HUMANITE


3-SAMEDI 27 MARS 2010 LA PROVENCE
   
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